L’Algérie pourra-t-elle faire office de substitut au gaz Russe ?

Rédaction (A.M)
Hydrocarbures
Rédaction (A.M)25 juillet 2022
L’Algérie pourra-t-elle faire office de substitut au gaz Russe ?
F. Messaoudi

Rien ne va plus en Europe depuis l’éclatement du conflit Russo-Ukrainien, le spectre d’une crise énergétique sans précédent qui se dresse face au vieux continent se concrétise peu à peu.

Pourquoi l’Europe est menacée ?

Sa prise de position dans le conflit russo-ukrainien l’a mise dans une situation délicate et tendue. Les sanctions, les embargos ou encore les restrictions économiques sont les armes actuellement utilisées par l’Europe pour déstabiliser la Russie afin qu’elle puisse mettre fin à son « invasion » de l’Ukraine mais de l’autre côté le gouvernement russe riposte en menaçant de couper les vannes de gaz à cette dernière. Un acte qui pourrait s’avérer catastrophique compte tenu de la dépendance européenne au gaz russe. En 2021, l’UE consommait 400 milliards de mètres cubes de gaz. Sur ces 400 milliards, 90% étaient importés, à des niveaux variables d’un État membre à l’autre. Environ 45% des importations du gaz naturel proviennent de Russie, c’est-à-dire 155 milliards de m3.
Ce conflit risque de bouleverser radicalement les priorités de l’Europe, déjà que les cours du gaz sont à leurs plus haut niveau depuis des décennies ensuite de par l’organisation de l’approvisionnement en gaz.
Une crise sans précédent se dresse face à l’Europe, de nouveaux enjeux politico-économiques voient le jour et l’Algérie pourrait bien faire partie des gagnants, dans la mesure où la Russie procèderait à la coupure totale de l’approvisionnement de gaz vers l’Europe.

L’Europe peut-elle compter sur l’Algérie ?

Parmi les alternatives les plus fiables, s’orienter vers le gaz algérien est l’une des priorités du vieux continent. Le PDG du géant pétrolier « SONATRACH » M. Toufik Hakkar avait déclaré au journal « Liberté » il y a quelques semaines que l’Algérie constituait « un fournisseur fiable de gaz pour le marché européen et est disposé à soutenir ses partenaires de long terme en cas de situations difficiles ». Les infrastructures détenues par le groupe Sonatrach sont à la pointe de la technologie et permettent des productions suffisantes pour le marché local et suffisantes pour répondre à la demande en exportation, mais la problématique dans ce cas de figure n’est pas d’ordre technique mais plutôt une question de capacité de production « Le pays a des marges de manœuvre sur ses capacités d’exportation du gaz, les pipelines n’étant utilisés qu’à 50 %. Mais le problème est d’augmenter la capacité de production de gaz. Cela implique de modifier les structures d’exploitation, et ce n’est a priori pas à l’ordre du jour » explique Ines Bouacida, chercheuse en énergie au sein de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales)
La chercheuse a aussi évoqué la consommation interne du pays en déclarant que « la consommation a fortement augmenté » en d’autres termes, la production devra contenir la consommation interne du pays qui va en grandissant et assure une production à l’exportation qui elle aussi va en grandissant.

Pour résumer, l’Algérie se verra opposée à un challenge de taille qui est de permettre à l’Europe de palier un tant soit peu au gaz russe mais ce challenge s’avère techniquement, pas impossible, mais extrêmement difficile, substituer les 155 Milliards de M3 de gaz russe ne se fera pas de sitôt, de plus l’augmentation de la production de gaz poussera le pays à puiser dans ses réserves et accélèrera l’épuisement de ces dernières, à moins d’accélérer les travaux d’exploration et d’amélioration des taux de récupération dans les gisements en cours d’exploitation. C’est ce que le secteur des hydrocarbures tente de mettre en œuvre actuellement notamment en accélérant le rythme de mise en œuvre de la nouvelle loi pétrolière 19-13, à travers des contrats d’association avec de grands groupes pétroliers. Le plus récent signé entre OXY, Total Energies, et ENI pour 4 milliards de dollars d’investissement sur le bassin de Berkine en est un parfait exemple.

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