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Nous sommes ravis de l’ouvrir à nouveau avec pour le moment juste, et en attendant de nouvelles analyses sur la situation énergétique mondiale, un extrait d’un article publié le 22/10/2023 (https://www.energymagazinedz.com/2023/10/22/lartere-petroliere-la-plus-importante-du-monde-le-detroit-dormuz/ ) sur le détroit d’Hormuz qui fait l’objet actuellement d’un suivi particulier par le monde entier.
QU’EST-CE QUE LE DÉTROIT D’HORMUZ ?
Quelques détails qui permettent de comprendre la criticité et l’importance de ce détroit :
- Le détroit se situe entre Oman et l’Iran.
- Il relie le golfe Persique au nord avec le golfe d’Oman au sud et la mer d’Arabie au-delà.
- Il est large de 33 km à son point le plus étroit et la voie de navigation ne fait que 3 km dans les deux sens.
- Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont certes construit d’autres voies d’exportation de pétrole vers la Mer Rouge pour l’Arabie Saoudite, et le Golfe d’Oman pour les Emirats Arabes unis pour contourner le détroit, mais ces deux oléoducs vers l’Est et le Sud sont loin d’offrir les capacités de la voie maritime du Golfe d’Hormuz en pétrole, produits pétroliers et surtout GNL.
POURQUOI EST-CE IMPORTANT ?
- Environ un cinquième du volume de la consommation mondiale totale de pétrole passe par le détroit chaque jour. En moyenne, 20 millions de barils par jour de pétrole brut, de condensats et de produits pétroliers transitaient par le détroit d’Hormuz depuis des années et surtout à la veille de l’attaque des USA et d’Israël sur l’Iran le 28/02/2026.
- L’Arabie saoudite, l’Iran, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak, membres de l’OPEP, ainsi que Bahreïn exportent la majeure partie de leur pétrole brut et GNL par le détroit.
- Le Moyen Orient renferme 48% des réserves pétrolières mondiales et 40% des réserves gazières.
- L’Iran renferme la majeure partie des réserves gazières du Moyen Orient.
- Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), envoie la quasi-totalité de son GNL par le détroit.
- Quelque 80 millions de tonnes métriques, soit 20 % des flux mondiaux de GNL, passent par le détroit chaque année.
- L’Iran a menacé au fil des ans de bloquer le détroit, mais n’est jamais passé à l’acte, il l’a pratiquement déclaré maintenant en exigeant une taxe de transit, et voilà que ceux sont les USA (Trump) pays agresseur, qui le déclare aussi en tentant de bloquer tous les passages dans les deux sens depuis le 14 Avril 2026 à 16h00.
- QUE VA-T-IL SE PASSER MAINTENANT, SURTOUT POUR LES PETROLIERS ET METHANIERS BATTANT PAVILLON CHINOIS ?
INCIDENTS PASSÉS ET SITUATION ACTUELLE
* Pendant la guerre Iran-Irak de 1980-1988, les deux parties ont cherché à perturber les exportations de pétrole de l’autre dans le cadre de ce que l’on a appelé la guerre des pétroliers.
* En juillet 1988, le navire de guerre américain Vincennes a abattu un avion de ligne iranien, tuant les 290 personnes à bord, ce que Washington a qualifié d’accident et Téhéran d’attaque délibérée.
* Début 2008, les États-Unis ont déclaré que des navires iraniens avaient menacé 3 navires de la marine américaine dans le détroit.
* En juillet 2010, le pétrolier japonais M Star a été attaqué dans le détroit par un groupe militant, les Brigades Abdullah Azzam, liées à Al-Qaïda, qui en ont revendiqué la responsabilité.
* En janvier 2012, l’Iran a menacé de bloquer le détroit en représailles aux sanctions américaines et européennes qui visaient ses revenus pétroliers dans le but d’arrêter le programme nucléaire de Téhéran.
* En mai 2015, des navires iraniens ont saisi un porte-conteneurs dans le détroit et tiré des coups de feu sur un pétrolier battant pavillon de Singapour qui, selon eux, avait endommagé une plateforme pétrolière iranienne.
* En juillet 2018, le président Hassan Rouhani a laissé entendre que l’Iran pourrait interrompre le commerce du pétrole par le détroit en réponse aux appels des États-Unis à réduire à zéro les exportations de pétrole iranien.
* En mai 2019, 4 navires – dont deux pétroliers saoudiens – ont été attaqués au large des côtes des Émirats arabes unis, près de Fujairah, l’une des plus grandes plateformes de soutage au monde, juste à l’extérieur du détroit d’Ormuz.
* En janvier 2021, l’Iran a saisi un pétrolier battant pavillon sud-coréen dans les eaux du Golfe et détenu son équipage.
* En décembre 2022, l’armée américaine a déclaré qu’un bateau de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique s’était approché à moins de 150 mètres des navires de guerre américainsdans le détroit.
* En mai 2023, l’Iran a saisi deux pétroliers qui traversaient le détroit.
* En juillet 2023, la marine américaine a déclaré qu’elle était intervenue pour empêcher l’Iran de saisir deux pétroliers commerciaux dans le golfe d’Oman. Un communiqué de la marine a déclaré que depuis 2021, l’Iran avait « harcelé, attaqué ou saisi près de 20 navires marchands battant pavillon international ».
* En Octobre 2023, le déclenchement de la guerre de Gaza a accentué les tensions dans tout le Moyen Orient, y compris le détroit d’Hormuz par où transite l’essentiel des exportations de la région en pétrole et gaz naturel (GNL), mais sans entrainer de perturbations majeures.
* Depuis Juin 2024, suite à l’attaque des USA et d’Israël contre l’Iran, et tout au long des deux années qui ont suivi (2024-2025), les USA ont poursuivi le renforcement de leur dispositif militaire dans le golfe et au sein des pays alliés du golfe, afin d’assurer la protection des couloirs maritimes par où transitaient plus de 20% de la production pétrolière mondiale.
* Entretemps et considérant que les couloirs maritimes en question n’étaient plus surs, les opérateurs de transport maritimes ont intégré de façon continue une hausse des primes d’assurance qui ont impacté le marché pétrolier et gazier, mais aussi beaucoup d’autres secteurs économiques dépendant aussi bien des exportations hors Golfe que les importations vers le Golfe.
* Depuis le 28 Février 2026, la guerre parceque c’est comme ça qu’il faut l’appeler maintenant, entre les USA-Israël et l’Iran, a entrainé la fermeture de facto du détroit d’Hormuz, puis la déclaration de son contrôle par l’Iran, ce qui a pénalisé non seulement les pays exportateurs de pétrole et de gaz du golfe, mais aussi affecté l’approvisionnement énergétique de nombreux pays et donné naissance à une véritable crise énergétique mondiale. Le détroit d’Hormuz était devenu un levier géopolitique primordial pour l’Iran en tant que moyen de pression vis-à-vis des USA, surtout au sein des négociations en cours, mais ausside l’avenir des économies pétro gazières des autres pays du Golfe, et par conséquent le principal accélérateur de la crise énergétique actuelle, ou la clef de sa solution.
* Depuis le 14 Avril 2026, son blocus total par les USA est en train d’inverser la situation avec plutôt une pression supplémentaire sur l’Iran puisqu’il vise surtout les navires entrant ou sortant des ports iraniens, et les négociations en cours.
Il est difficile pour le moment d’émettre des hypothèses sur les impacts de cette sorte « d’intermède ou mi-temps » correspondant au blocus du détroit et aux épisodes de négociations incertaines, sur la durée de la première phase de guerre totale. Mais une chose est cependant sure quelle que soit l’issue du conflit, le ou les vainqueurs ou vaincus :
- Les dégâts déjà subis par toutes les infrastructures (énergétiques et autres) autour du golfe persique,
- Le volume des réserves mondiales de pétrole (48%) et de gaz (42%) du Moyen Orient,
- Leur part dans les échanges et l’approvisionnement énergétique mondial avec 20 millions de barils par jour de pétrole et produits pétroliers (30% du commerce maritime mondial de pétrole), et un peu plus de 100 Mds par an de gaz naturel (20% du commerce mondial de GNL).
- L’impact constaté dans l’approvisionnement énergétique de plusieurs pays développés importants comme ceux de l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud, etc…) et d’Europe, et sur le marché énergétique en général.
Les alliances géopolitiques locales ou mondiales seront amenées à etre reconstruites sur de nouvelles bases, dont le facteur énergie ou sécurité énergétique sera prédominant.