On ne peut pas trouver mieux pour décrire la situation du marché pétrolier qui semble définitivement être gouverné par un environnement incertain dont le paramètre « risque géopolitique » prend et continuera à prendre le dessus sur les fondamentaux classiques.
Pour le moment ceux sont les déclarations contradictoires de :
- Trump qui annonce un jour un accord imminent, et le lendemain la reprise des hostilités avec même la destruction totale de l’Iran.
- L’Iran quant à lui, qui semble ne plus prendre au sérieux Trump, et presque « se plaire à jouer cette partie de poker », mais en maintenant quand même sa stratégie de fermeté face à Trump d’une part, et en évoquant des actions en cours qui ne laissent pas prévoir une éventuelle issue positive aux négociations en cours (USA-Iran !) Encore faut-il être certain qu’elles sont réellement en cours ?
Parmi les initiatives citées par l’Iran, il semble que :
- Le Parlement iranien examine actuellement un projet de loi visant à interdire durablement l’accès au détroit d’Ormuz aux navires américains, israéliens et à ceux des pays considérés comme hostiles, une initiative qui renforce le risque de perturbation prolongée avec une hausse rapide des prix.
- Parallèlement, l’Iran déclare aussi qu’il poursuit des discussions avec le Sultanat d’Oman sur la définition d’un nouveau corridor maritime dans le détroit d’Hormuz, pour mieux encadrer la circulation des navires marchands sous la supervision de l’Iran bien sûr.
Dans ce contexte qui demeure caractérisé par autant d’incertitudes sur le plan géopolitique, mais aussi les fondamentaux économiques qui indiquent que la demande mondiale de pétrole va demeurer stable autour de 105 millions de barils par jour, portée essentiellement par les économies asiatiques, le Brent va certainement se maintenir autour de 80 dollars le baril dans l’attente de l’une des deux issues :
- La détente (paix ?) au niveau du Moyen Orient et plus précisément le Détroit d’Hormuz, qui ne peut être suivie que par une chute du baril bien en dessous de 80 dollars, liée à plusieurs paramètres (conjoncture économique mondiale, réorganisation des couloirs et flux d’approvisionnement, transition et sobriété énergétique).
- Le statuquo actuel ou même l’accroissement des hostilités d’une part et d’autre, parceque les USA semblent avoir définitivement montré qu’ils ne souhaitent pas aller plus loin dans la « guerre », ce qui n’entrainera qu’une faible remontée du baril vers les 90 à 100 dollars, mais sur de courtes durées, à moins d’une destruction très importante de la majorité des infrastructures pétrolières et gazières du Moyen Orient ! A priori personne ne le souhaite, y compris les USA. C’est le seul paramètre en mesure de pousser le baril au delà de 100 dollars.



